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Salaires de la data et de la BI : ce que disent les grilles 2027

Data engineer, analyste, architecte, analytics engineer : les fourchettes publiées pour 2027 et ce qui sépare deux profils de même ancienneté.

La rédaction · 7 octobre 2026 · 6 min de lecture

Fixer la rémunération d'un poste data suppose de savoir de quel métier on parle. Sous l'étiquette commune de la donnée, un ingénieur qui construit les chaînes d'alimentation, un analyste qui répond aux questions des métiers et un architecte qui arrête la structure d'ensemble n'appartiennent pas au même marché, et leurs grilles ne se recouvrent qu'en partie.

Parmi les repères publics, le baromètre des salaires de la data et de la BI publié en septembre 2026 par le cabinet Entourage Recrutement, dans son édition dite 2027, couvre cinq métiers sur dix-neuf échelons, en brut annuel. Ses chiffres décrivent un segment précis : petites et moyennes entreprises, entreprises de taille intermédiaire et jeunes entreprises en croissance, en France.

L'étendue de l'échelle

La rémunération d'entrée médiane du domaine s'établit à 40 000 euros brut annuels, et le plafond médian de carrière à 110 000 euros. Entre le premier et le dernier échelon, le rapport est de 2,7.

Cet écart est plus resserré que celui de l'intelligence artificielle, où la même étude mesure un rapport de 3,2. Il sépare un analyste débutant d'un responsable d'équipe ou d'un architecte principal, et il se lit surtout comme la somme de plusieurs trajectoires distinctes.

Les métiers qui produisent la donnée

Métier Échelon Fourchette brute annuelle
Data Engineer Junior (0 à 2 ans) 42 à 55 k€
Data Engineer Confirmé (2 à 5 ans) 55 à 75 k€
Data Engineer Senior (5 ans et plus) 75 à 100 k€
Data Engineer Staff, Principal, Tech Lead 100 à 130 k€ et plus
Analytics Engineer Junior (0 à 2 ans) 40 à 50 k€
Analytics Engineer Confirmé (2 à 5 ans) 50 à 65 k€
Analytics Engineer Senior (5 ans et plus) 65 à 85 k€
Analytics Engineer Lead, Head of Analytics 85 à 110 k€ et plus
Data Architect 8 à 12 ans 85 à 115 k€
Data Architect Senior (12 à 15 ans) 115 à 145 k€
Data Architect Principal, Head of Data Architecture (15 ans et plus) 140 à 180 k€ et plus

Le baromètre précise deux points. Chez le data engineer senior, le traitement distribué se paie en haut de fourchette. Au sommet de l'échelle, le niveau dépend de l'impact et de l'équipe encadrée ; pour l'architecte principal, la rémunération comprend un variable et de l'intéressement.

Les métiers qui exploitent la donnée

Métier Échelon Fourchette brute annuelle
Data Analyst Junior (0 à 2 ans) 35 à 45 k€
Data Analyst Confirmé (2 à 5 ans) 45 à 58 k€
Data Analyst Senior (5 à 8 ans) 58 à 75 k€
Data Analyst Lead, Analytics Manager (8 ans et plus) 75 à 95 k€ et plus
BI Analyst Junior (0 à 2 ans) 35 à 45 k€
BI Analyst Confirmé (2 à 5 ans) 45 à 60 k€
BI Analyst Senior (5 à 8 ans) 60 à 75 k€
BI Analyst Lead, Responsable BI (8 ans et plus) 75 à 95 k€ et plus

Pour le BI analyst, les échelons sont décrits par le travail tenu : autonomie complète sur un périmètre métier au niveau confirmé, modèle sémantique et performance des rapports à grande échelle au niveau senior, encadrement d'une équipe BI ou du reporting d'un groupe au dernier échelon.

Deux pentes qui divergent tôt

À ancienneté comparable, l'écart entre production et exploitation apparaît dès le niveau confirmé. Un data engineer de deux à cinq ans d'expérience se situe entre 55 000 et 75 000 euros, un data analyst du même âge professionnel entre 45 000 et 58 000 euros. La différence se creuse ensuite : le senior ingénieur atteint 100 000 euros quand le senior analyste plafonne à 75 000.

L'analytics engineer occupe la position intermédiaire : sa grille part du niveau de l'analyste et rejoint, au dernier échelon, celle d'un data engineer senior.

Le baromètre insiste sur la confusion que ces écarts produisent dans les annonces. L'analyste répond à des questions, l'ingénieur construit les chaînes, l'architecte décide de la structure et des règles. Une offre qui réclame les trois attire, selon la même source, soit des candidats qui n'en maîtrisent qu'un et se sentiront trompés, soit des généralistes moyens partout. Le budget prévu pour un poste ne correspond alors à aucun des trois marchés.

L'ordre des recrutements a un coût

Le premier facteur relevé par l'étude ne tient pas au candidat mais à l'entreprise. Nombre d'organisations recrutent l'analyste avant l'ingénieur ; faute de chaînes d'alimentation fiables et d'entrepôt, l'analyste passe son temps à récupérer des extractions à la main, puis part. L'entreprise recommence, cette fois par le poste qui manquait.

L'édition 2027 observe en outre un rééquilibrage du marché. Après plusieurs années où l'analyse attirait les candidats et les budgets, ce sont désormais les profils d'ingénierie et d'architecture qui deviennent difficiles à recruter. Les entreprises qui ont commencé par l'aval reconstruisent leurs fondations avec un vivier plus étroit et des délais plus longs qu'à leur premier recrutement.

Pour un comité de direction, la conséquence budgétaire est directe : le poste le plus cher de la séquence est aussi celui qu'il est le plus coûteux de repousser.

La pile technique est lue avant le salaire

Entrepôt en nuage ou base sur site, outil d'orchestration, mode d'ingestion : selon le baromètre, ces choix décident de ce que le candidat apprendra et de sa valeur sur le marché dans trois ans. Ils pèsent donc dans sa décision avant la rémunération proposée.

Une annonce muette sur la pile se lit comme le signe d'une entreprise encore indécise. Le désintérêt qui en résulte n'a rien à voir avec le montant affiché, et une hausse de la fourchette ne le corrige pas.

L'architecte, seul métier où la rareté fixe le prix

Le dernier facteur concerne l'architecture de données. Le poste suppose d'avoir vu plusieurs organisations, plusieurs échecs et leurs causes ; le parcours est incompressible et le vivier français est petit, note l'étude. C'est le seul niveau du domaine où la rareté, plutôt que la demande, détermine la rémunération.

La grille en porte la trace : le premier échelon d'architecte, à partir de huit ans d'expérience, commence à 85 000 euros, soit au niveau d'un data engineer senior, et monte jusqu'à 180 000 euros et au-delà pour une direction de l'architecture.

Ce que les fourchettes ne disent pas

Les montants sont des fourchettes brutes annuelles ; le variable et les primes n'y sont inclus que lorsque l'échelon le précise. Le baromètre les présente comme des indications de terrain, que la taille de l'entreprise, le secteur et le périmètre exact déplacent.

Une précision de méthode compte pour la négociation : l'entreprise engage une enveloppe en coût employeur, quand le candidat compare des salaires nets. Les deux parties ne parlent donc pas du même chiffre, et le baromètre renvoie à un calcul de conversion entre brut, net et coût employeur.

Lues dans cet ordre, les grilles servent moins à fixer un prix qu'à vérifier une cohérence : celle entre le métier réellement recherché, le niveau d'ancienneté attendu et le budget arrêté. Quand ces trois éléments ne désignent pas le même échelon, l'écart renseigne sur le poste lui-même autant que sur le marché.

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