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Snowflake veut faire opérer sa plateforme par Orange Business

Snowflake veut confier l'exploitation de sa plateforme à Orange Business sur une infrastructure comme Bleu. Ce que l'annonce change pour un DSI ou un CDO.

La rédaction · 19 octobre 2026 · 3 min de lecture

Snowflake a annoncé le 15 octobre, lors de son World Tour à Paris, « son intention » de collaborer avec Orange Business et Bleu pour héberger sa plateforme de données sur le futur cloud de confiance, y compris son service d'IA Cortex, rapporte LeMagIT. Dans le billet publié le même jour, l'éditeur présente Orange Business comme son partenaire d'exploitation en France, associé à une infrastructure souveraine « comme celle de Bleu ».

Ce qui est annoncé

L'AI Data Cloud de Snowflake est aujourd'hui accessible depuis AWS, Microsoft Azure et Google Cloud, rappelle LeMagIT. L'éditeur avait déjà fait part, en juillet 2025, de son intention d'héberger sa plateforme sur le cloud souverain européen d'AWS.

La nouveauté tient à l'exploitation. Selon Snowflake, l'administration, la surveillance et le support de la plateforme seront assurés par des équipes européennes soumises au droit de l'Union, et les contrats clients seront signés directement avec Orange Business. Les données réglementées resteront sur le territoire national.

« Nos clients des secteurs réglementés en France ont été clairs : ils ont besoin d'une plateforme data qui ne soit pas seulement hébergée en France, mais aussi opérée par des acteurs français », déclare Dayne Turbitt, vice-président senior de Snowflake pour la région EMEA, dans le billet de l'éditeur.

Pourquoi l'exploitation compte autant que l'hébergement

LeMagIT explique le montage. En tant qu'éditeur américain, Snowflake doit déléguer l'exploitation de sa plateforme : une filiale indépendante ne lui permettrait pas de proposer une offre à l'abri du droit extraterritorial américain. Orange Business, que le média décrit comme très proche de la coentreprise de Capgemini et d'Orange, apparaît dès lors comme un candidat naturel.

Le média relève aussi un changement de position. Benoît Dageville, cofondateur de Snowflake, avait anticipé que Bleu et les infrastructures fondées sur Azure Local seraient une cible de choix pour une offre souveraine, tout en se montrant réticent à la proposer sans demande réelle des clients. LeMagIT y voit l'effet de l'actualité géopolitique.

Portabilité des données et des modèles

Deux engagements techniques concernent directement les directions data. Snowflake s'appuie sur le format de table ouvert Apache Iceberg et sur un stockage compatible S3, présentés comme une garantie de propriété et de portabilité des données en cas de changement de fournisseur.

Côté IA, Cortex donne accès par une API unique à plusieurs modèles, dont des modèles européens, exécutés dans le périmètre du cloud de confiance. Si un modèle devient indisponible ou soulève des préoccupations réglementaires, l'éditeur affirme qu'un client pourra en choisir un autre sans modifier son code ni ses chaînes de données.

Une intention, pas encore une offre

Le billet de Snowflake se termine par des déclarations prévisionnelles. Le dispositif reste soumis à la poursuite des développements, à la conclusion d'accords définitifs entre les partenaires, aux procédures de qualification réglementaire et à la finalisation des conditions commerciales. Aucun calendrier de disponibilité n'est donné, et les offres finales pourront différer sensiblement de ce qui est présenté.

Ce que cela change pour un DSI ou un CDO

Pour une entreprise du secteur public ou d'un secteur réglementé déjà cliente de Snowflake, l'annonce ouvre une perspective de continuité : conserver la même plateforme tout en changeant d'exploitant et de cocontractant. La perspective diffère d'une migration vers une autre plateforme, qui mobiliserait les équipes data sur la reprise des chaînes et des modèles existants.

Le changement de cocontractant a toutefois des effets propres. Le contrat serait signé avec Orange Business, et non plus avec l'éditeur : niveaux de service, support et responsabilités relèveraient d'un autre interlocuteur. Les directions achats et juridique auront à examiner ce que couvre chacun des deux acteurs.

Pour un Chief Data Officer, la question de la gouvernance se déplace aussi. La localisation des données ne suffit plus à décrire leur statut juridique ; l'identité de l'exploitant et le droit qui s'applique à ses équipes entrent dans la classification des données et dans le choix de la plateforme qui les héberge.

Tant que l'offre n'est pas disponible, l'annonce sert surtout de repère pour les arbitrages de plateforme en cours : elle indique qu'un éditeur de données de premier plan admet désormais l'exploitation par un tiers local comme réponse à la question de souveraineté.

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